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La micronutrition des bovins

Dr Agnès Batard
DMV, Responsable Technique Virbac France - Gammes Nutrition et Anesthésie-Analgésie-fluidothérapie pour Animaux de Compagnie et Gamme Micronutrition pour Animaux d'Elevage

La santé et la performance des bovins sont liées à leur statut nutritionnel

La micronutrition s'intéresse aux liens établis entre alimentation, santé et prévention. La micronutrition vise à optimiser le statut nutritionnel des animaux au cours de leurs cycles de vie ou de production afin d’assurer leur bien-être, leur santé ainsi que leurs performances. Elle repose notamment sur l’apport de micronutriments (vitamines et minéraux, eux-mêmes classifiés en macro-éléments et oligo-éléments) qui, bien que nécessaires en faible quantité, jouent des rôles essentiels dans l’organisme. La micronutrition s’intéresse également à d’autres nutriments tels qu’acides aminés, acides gras essentiels...
 

La micronutrition, essentielle à la bonne santé des ruminants

Vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés jouent un rôle primordial pour l’organisme

La micronutrition s’intéresse particulièrement aux micronutriments sensu stricto :

  • vitamines, 
  • minéraux, répartis en macro-éléments et oligo-éléments

mais aussi aux acides gras et acides aminés notamment.

Les micronutriments, acides gras et acides aminés sont essentiels au maintien en bonne santé des ruminants. Ils sont nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme parce qu’ils interviennent dans différents processus physiologiques, biochimiques et métaboliques qui contribuent à l’immunité, à la croissance, à la production et à la reproduction des animaux. Certaines vitamines et certains oligo-éléments jouent un rôle dans le système antioxydant. Ils préviennent du stress oxydatif dont peuvent souffrir les animaux sous le coup d’un épisode de stress physiologique, pathologique ou zootechnique.

L’organisme ne sait hélas pas synthétiser nombre de ces nutriments : vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés essentiels. Ils doivent donc être apportés de manière exogène et le sont généralement via l’alimentation

De nos jours, les éleveurs ont bien compris l’intérêt de ces éléments nutritifs, si petits soient-ils. C’est pourquoi ils complémentent les rations distribuées à leurs animaux afin de couvrir les besoins quotidiens. Différents concentrés ou aliments complémentaires permettent d’enrichir l’alimentation en vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés.

Les besoins en micronutriments ne sont pas constants au cours des cycles de production et de reproduction. Ils augmentent lorsque les animaux sont soumis à un stress plus ou moins prolongé. C’est pourquoi il existe différentes sources de supplémentations disponibles afin d’optimiser les apports en micronutriments au regard de fluctuations des besoins des animaux, afin que leur statut nutritionnel leur permette de pleinement mobiliser leurs capacités immunitaires et l’expression de leurs potentiels génétiques.

Différentes galéniques permettent de réaliser des apports en micronutriments et autres nutriments essentiels en dehors des concentrés incorporés dans les rations alimentaires : 

  • Bolus / comprimés
  • Pâtes
  • Sachets repas
  • Seaux / pierres à lécher 
  • Solutions buvables
  • Solutions injectables

Le vétérinaire, en tant que référent de la santé des troupeaux, est un interlocuteur incontournable quand il s’agit d’optimiser le statut nutritionnel des ruminants. La micronutrition leur permet d’assurer la santé et le bien-être des animaux ainsi que de soutenir leur capacité de résistance aux maladies

 

Vers une médecine plus préventive

Comment améliorer la capacité de résistance des animaux aux maladies ?


La profession vétérinaire s’est engagée ces dernières années dans un virage vers une médecine plus préventive.

Même si soigner les animaux malades reste une composante importante du métier de vétérinaire, cette vision curative, urgentiste, cède du terrain. Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’avoir des animaux en bonne en santé et de faire en sorte qu’ils le restent ! Le bon état de santé du troupeau conditionne un niveau élevé de bien-être et améliore la performance des animaux. En plus de répondre à des attentes sociétales fortes, ceci signifie pour les éleveurs une conduite d’élevage sereine et rentable.

Ce virage préventif est soutenu par les pouvoirs publics au travers du plan ECOantibio et les vétérinaires français se sont engagés avec succès dans la lutte contre l’antibiorésistance. La consommation d’antibiotiques en élevage a diminué significativement (-37% entre 2012 et 2016)1.

L’effort se poursuit ; il s’accompagne de la recherche d'alternatives thérapeutiques en faveur d’une plus grande capacité de résistance des animaux aux maladies, d’une appropriation des nouvelles technologies et d’un accès aux données sanitaires d’élevage2. Aux côtés des biothérapies (vaccination, immunothérapie, anticorps monoclonaux, modulateurs de la réponse immunitaire, DARPins), les suppléments nutritionnels font partie des pistes sérieuses et technologiquement accessibles pour y contribuer2.

La micronutrition est un pilier de la santé et de la prévention. Elle repose sur l’apport des micronutriments (vitamines et minéraux), essentiels pour l’organisme, et vise à optimiser le statut nutritionnel des animaux le long de leurs cycles de vie ou de production. Parmi les micronutriments, les oligo-éléments sont des minéraux qui jouent un rôle particulièrement intéressant. En tant que cofacteurs d’enzymes essentielles, ils influencent différents processus biologiques tels que les fonctions anti-oxydante et immunitaire, les mécanismes de reproduction ainsi que le développement fœtal et la croissance des animaux3, 4. Ces processus conditionnent l’état de santé des bovins, leur résistance aux maladies et leurs performances4. Ces rôles ont été largement étudiés, d’où la généralisation des pratiques de supplémentation minérale en élevage. 

Or, les besoins des bovins en oligo-éléments fluctuent au cours des cycles d’élevage. Ils augmentent lors de périodes de stress. Ces périodes de stress conduisent à l’accélération du métabolisme des animaux qui peut créer un stress oxydatif. Les supplémentations minérales et vitaminiques par voie orale (CMV, pierres et seaux à lécher, bolus …), qui visent à couvrir les besoins d’entretien des bovins au jour le jour, peuvent ne pas suffire à satisfaire ces besoins accrus pendant une phase de stress. 

Une réflexion s’engage alors autour des voies de supplémentation disponibles afin d’optimiser la biodisponibilité et la rapidité d'absorption, dans le souci de maintenir le statut en oligo-éléments des animaux en prévention ou pendant les phases critiques d’élevage. 

C’est la notion de TOP-UP : une supplémentation additionnelle précise, rapide et efficace des bovins, en prévention ou pendant des phases de stress durant les cycles de production et reproduction. 
La micronutrition représente un nouvel axe de travail pour les vétérinaires et leurs éleveurs en faveur du bien-être et de la santé des animaux. 
Activons leurs défenses !

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L'importance des micronutriments pour la santé animale

Les oligo-éléments, bien que requis en infimes quantités, sont essentiels au maintien de l'état de santé des ruminants. Ils sont nécessaires au fonctionnement d’un nombre important d’enzymes et de protéines impliquées dans différents processus physiologiques, biochimiques et métaboliques qui contribuent à l’immunité, à la croissance, la production et la reproduction des animaux.
 

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Références

1. Bilan du Plan ECOantibio 1, 2017
2. Livre bleu VETFUTURS France, 2018
3. Lequeux, 2016
4. Yatoo et al, 2013