Ginette est une chienne de type Labrador, stérilisée, née le 1er janvier 2009. Elle est présentée en consultation en août 2024, alors qu'elle n'avait pas été vue par un vétérinaire depuis un an et n'était plus à jour de ses vaccinations ni de ses traitements antiparasitaires. Son dernier bilan sanguin, réalisé en septembre 2023, ne révélait aucune anomalie biochimique et son poids était alors de 28,8 kg. Avant l'initiation de ce suivi, elle recevait un traitement par AINS depuis 2 semaines.
Ginette vit dans une maison comportant des escaliers, mais ne dispose d'aucun accès à un jardin. Son mode de vie est strictement sédentaire ; l'anamnèse révèle d'ailleurs une perte totale d'activité physique. Avant la mise en place du protocole, son alimentation était constituée exclusivement de croquettes de supermarché.
Lors de la consultation d'inclusion (J0), l'auscultation cardiaque de Ginette est normale, mais un essoufflement important est noté. L'examen clinique met en évidence une obésité morbide majeure : le score corporel est évalué à 9/9 pour un poids de 38,8 kg, sachant que son poids idéal est estimé à 25 kg.
À l'examen orthopédique, Ginette présente un handicap de mobilité extrêmement sévère, lié de manière concomitante à l'arthrose et à son surpoids. Elle souffre d'une boiterie permanente de l'avant et de l'arrière avec une démarche très lente. Ses déplacements sont réduits au strict minimum vital (elle ne parvient pas à marcher plus de trois pas), et elle présente une malpropreté urinaire matinale car elle ne peut pas sortir à l’extérieur. Pour se coucher, elle tourne sur elle-même puis se laisse tomber brutalement tout en émettant des vocalises. La manipulation révèle une douleur marquée lors de l'extension des deux coudes. Les radiographies effectuées sous anesthésie générale confirment une arthrose bilatérale des coudes.


Afin d'impliquer la propriétaire et de suivre l'évolution de la douleur, la grille CSOM (Client-Specific Outcome Measures) est utilisée. Lors de cette première visite, la qualité de vie globale de la chienne est jugée très dégradée (note de 2/10). Le score CSOM initial est extrêmement élevé, s'établissant à 10/12, ciblé sur ses difficultés majeures pour marcher, sauter (dans la voiture, sur le canapé ou le lit) et se coucher.
Face à cette perte de mobilité et à l'inflammation chronique liée à l'obésité, nous mettons en place un protocole multimodal ambitieux :
Évaluation initiale (J0)
Lors de cette première visite, la qualité de vie globale de la chienne est jugée très dégradée (note de 2/10). Le score CSOM initial est extrêmement élevé, s'établissant à 10/12, ciblé sur ses difficultés majeures pour marcher, sauter (dans la voiture, sur le canapé ou le lit) et se coucher.
Suivi à 1 mois (J30)
L'évolution est très positive : le score CSOM chute à 6/12. Ginette pèse désormais 35,2 kg. La propriétaire la décrit comme beaucoup plus active. Bien qu'elle rencontre encore d'importantes difficultés pour sauter dans la voiture, elle finit par y parvenir. Le fait le plus marquant au quotidien est qu'elle ne vocalise plus du tout au moment de se coucher. Le Movoflex® et l'alimentation pour perte de poids sont poursuivis, sans autres modifications thérapeutiques.
Suivi à 2 mois (J60)
La situation se stabilise avec un score CSOM maintenu à 6/12 (pas de dégradation, bien que la nette amélioration plafonne). Les vocalises au coucher restent absentes et Ginette se lève beaucoup plus facilement. La boiterie est désormais qualifiée d'intermittente, ne survenant qu'à froid après de longues périodes de repos. La prise de Movoflex® et le régime nutritionnel sont renouvelés.
| Visites | Score CSOM |
| J0 | 10/12 |
| J30 | 06/12 |
| J60 | 06/12 |
La mise en place de ce projet thérapeutique multimodal a permis de sortir Ginette d'un cercle vicieux algique. Après 60 jours, la qualité de vie de l'animal s'est nettement améliorée, atteignant la note de 5/10 (contre 2/10 initialement). La disparition des vocalises et la récupération d'une boiterie seulement intermittente sont de vraies victoires. Toutefois, bien que la chienne continue de maigrir progressivement, une perte de poids supplémentaire demeure indispensable pour espérer une amélioration encore plus significative du confort articulaire.
