Dr Dayan, vous avez instauré une consultation pubertaire systématique pour les chiens au sein de votre clinique. Pourriez-vous préciser à quel moment cette consultation a lieu et comment vous la planifiez ?
Nous planifions cette consultation dès le départ, généralement lors de la première visite, qui se déroule autour de l'âge de trois mois. Après les consultations de deux, trois et quatre mois, le prochain rendez-vous n'intervient qu'à l'âge d'un an. J'insiste auprès des propriétaires sur le fait que nous assurons un suivi continu entre quatre mois et un an. Nous prévoyons un point spécifique — la visite pubertaire — lorsque le chien entre dans l'adolescence, car de nombreux sujets doivent être abordés et les propriétaires ont souvent beaucoup de questions. C'est pourquoi, lors de la visite des quatre mois, j'active la relance pour la visite pubertaire via notre logiciel. Je positionne le rappel entre six et huit mois en général. Cette période est caractérisée par des changements comportementaux notables, notamment une transition de l'hyper-attachement initial vers une prise d'indépendance autour de six-sept mois. C'est à ce moment précis qu'il est crucial de repositionner les bases de l'éducation.
Quels sont les sujets précis que vous abordez durant cette consultation ?
Le contenu est vaste :
Concernant les options de stérilisation, comment abordez-vous les différentes solutions et quelles questions posez-vous pour orienter au mieux le propriétaire ?
Je commence par demander si le propriétaire a déjà eu des chiens. Ensuite, les questions se concentrent sur le mode de vie et les comportements :
Cette approche individualisée est possible précisément parce que la consultation pubertaire offre un temps dédié. Lors des visites des trois et quatre mois, il y a trop d'informations à gérer pour les propriétaires. Vers six-sept mois, ils sont passés au-delà de la phase de nouveauté, gèrent mieux leur chien et sont plus réceptifs. D'où l'intérêt de traiter les sujets au fur et à mesure. Pour comprendre leur mode de vie, il faut leur laisser le temps de parler, ce qui est irréalisable lors d'un vaccin qui ne dure que cinq minutes.
Que répondez-vous à un propriétaire qui n’en voit pas l’intérêt, car elle ne comporte pas nécessairement d’« acte » médical ?
Il y a un acte, puisqu'il y a un examen clinique même sans injection. C'est avant tout un examen général et une discussion qui aboutissent à une prescription pour des antiparasitaires (internes et externes) pour l'année. C'est une consultation dont le bien-fondé ne fait aucun doute. Il est crucial de ne pas décider à la place du propriétaire, comme c'est parfois le cas lorsque le vétérinaire programme une stérilisation "par défaut". À trois mois, le propriétaire est souvent indécis ; il faut un temps pour poser clairement la question de la stérilisation.
De plus, cette visite n'est pas "dénuée d'actes" :
Je réponds toujours que nous allons parler du mode de vie et des vaccins complémentaires. J'insiste sur la nécessité de contrôler la cavité buccale à partir de six mois, ce qui est généralement un argument décisif. Pour ceux qui affirment catégoriquement ne pas vouloir stériliser, je réponds qu'on peut tout de même discuter, vérifier que tout va bien et expliquer certains phénomènes comme les chaleurs de la chienne. Enfin, la puberté est le dernier moment possible pour travailler sur le comportement du chiot. Dans tous les cas, il y a beaucoup d'informations à transmettre sur divers sujets. Le lien est maintenu entre quatre mois et un an et les propriétaires sont informés dès le départ que ce rendez-vous fait partie du processus d'accompagnement.
Cet article est issus du Virbac Info 175.
